CaphARnaüM

Un désordre empli de vide, une illusion stagnante. Ici, moi, maintenant.

17 juin 2008

Pour un moment, une étoile filante

Je ne pense plus à écrire ici. Peut-être suis-je trop occupée? Peut-être suis-je trop bien? Peut-être que, pour la première fois dans ma vie, je me sens légère, libre.

Être libre à deux, voilà ce qui me manquait, peut-être...


Hier, j'ai entendu une chanson, un classique pour plusieurs, une chanson que j'ai entendue des dizaines de fois, et que des centaines de personnes ont sûrement citée sur leur blogue.

Et bien hier, alors que je me rendais chez mon copain en autobus, c'est à moi qu'elle a parlé, cette chanson. C'est à moi qu'elle correspondait.

« Si je m'arrête un instant pour te parler de ma vie
Juste comme ça, tranquillement, pas loin du carré St-Louis
C'est qu'avec toi je suis bien et qu'j'ai plus l'goût d'me faire
Parce que tsé, voir trop loin, c'pas mieux que r'garder en arrière


Malgré les vieilles amertumes et les amours qui passent
Les chums qu'on perd dans 'brume et les idéaux qui se cassent
La vie s'accroche et renait comme les printemps reviennent
Dans une bouffée d'air frais qui apaise les coeurs en peine

Ça fait que si à soir t'as envie de rester
Avec moi, la nuit est douce, on peut marcher
Et même si on sait ben que tout dure rien qu'un temps
J'aimerais ça que tu soies pour un moment...
...mon étoile filante
»
Les étoiles filantes, les Cowboys Fringants


Ah, pis si tout va bien, je devrais produire du « matériel visuel » cet été, j'ai mis la main sur un appareil Polaroid usagé... À suivre...

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07 mai 2008

Des petites notes de lecture, parce qu'on ne peut pas garder un livre emprunté indéfiniment.

« La trahison. Depuis notre enfance, papa et le maitre d'école nous répètent que c'est la chose la plus abominable qui se puisse concevoir. Mais qu'est-ce que trahir? Trahir, c'est sortir du rang. Trahir, c'est sortir du rang et partir dans l'inconnu. Sabina ne connait rien de plus beau que de partir dans l'inconnu. » (p. 119)

« L'horreur est un choc, un instant de total aveuglement. L'horreur est dépourvue de toute trace de beauté. On ne voit que la lumière violente de l'événement inconnu qu'on attend. Au contraire, la tristesse suppose que l'on sait. » (p.383)

« Comme je l'ai déjà dit, les personnages ne naissent pas d'un corps maternel comme naissent les êtres vivants, mais d'une situation, d'une phrase, d'une métaphore qui contient en germe une possibilité humaine fondamentale dont l'auteur s'imagine qu'elle n'a pas encore été découverte ou qu'on n'en a pas encore rien dit d'essentiel.

Mais n'affirme-t-on pas qu'un auteur ne peut parler d'autre chose que de lui-même?
» (p.277-278)

-Kundera, L'insoutenable légerté de l'être (Gallimard, 1984)

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04 avril 2008

Expliquer

« Expliquer quelque chose à quelqu'un, c'est d'abord lui démontrer qu'il ne peut pas le comprendre par lui même. »
« Le petit expliqué, lui, investira son intelligence dans ce travail du deuil : comprendre, c'est-à-dire comprendre qu'il ne comprend pas si on ne lui explique pas. »
-Jacques Rancières, 1987 (Le maître ignorant)

J'ai été confrontée à une situation semblable en stage... C'est triste de penser qu'on a réussi à convaincre des adolescents qu'ils ne peuvent pas apprendre si on ne leur enseigne pas de manière traditionnelle. J'espère qu'en deux semaines, j'arriverai à au moins commencer à déconstruire cette conception.

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25 mars 2008

J'me sens un peu moisi moi 'ssi...

(Fred Fortin)

T'es apparu comme un ovni
Tu m'dis : « J'ai besoin d'un ami »
Dis-toi qu't'as pas trop mal choisi
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

J'me d'mande plus d'quel côté qu'je suis
T'es ma richesse, ma belle amie
Même si tes fesses ont ben grossis
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

Faut qu'j'te dise quelque chose d'important
Faut qu'j'te dise qu'j't'aime vraiment
Faut qu'j'te dise que ma tête s'oublie souvent
Pis que ton cœur reste là tout l'temps
Y'est pas parti pour autant

C'est vrai qu'des fois tu m'tombes su'es nerfs
Avec ton osti d'caractère
Mais entre tes histoires pis mes menteries
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

C'est vrai qu'à soir j'te trouve sexy
Devine de quoi j'aurais envie
Sais-ti?
C'est pas grave si tu sens l'pipi
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

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16 mars 2008

Moi je - Les ogres de Barback

[Un récent coup de coeur, une chanson qui me fait penser à plein de gens, à plein de situations, à plein d'amis et de sentiments. Un mélange bizarre.]

J'ai toujours su que j'allais te perdre
Moi qui ne supporte pas le bonheur
Moi qui ai toujours tout gâché
J'ai toujours su que tu partirais
Et si je suis insuportable, méchant, capricieux et médisant

J'ai toujours su que j'allais te perdre
Moi qui ne supporte par le bonheur
Moi qui ai toujours tout gâché
J'ai toujours su que tu partirais
Et si je suis insuportable, méchant, capricieux et médisant
C'est que depuis l'âge du cartable
Je n'ai jamais pu supporter les gens
Ceux qui emportent le sort
De cette maudite race humaine
En se disant que l'amour est fort
Et de surcroit il vaut mieux que la haine

Moi qui ai toujours tout gâché
Moi qui ne supporte pas le bonheur
Toi qui voulus des enfants
Moi qui n'en aurais jamais
Moi qui n'ai jamais eu ton cran
Moi qui savais que tu partirais

J'ai toujours su que j'allais te perdre
Qu'un jour tu serais trop usée
Que tu ne supporterais plus l'herbe
Que je coupe sous tes pieds
Tu as choisi un autre que moi
Et pour continuer ton chemin
Que tu mènes du bout de ta croix
Moi qui n'ai jamais cru en rien
Un autre se promène à ton bras
Je suis seul et je comprends enfin
Ta colère et ton désarroi
Moi qui n'ai jamais pris ta main

J'ai toujours su que tu partirais
Que tu ne supporterais plus
Mes avis sur tout sans arrêt
Et mes réflexions mal venues
Je n'étais pas contre le bonheur
Mais lui m'a tant et tant déçu
Qu'il en a transformé mon coeur
En un bloc d'idées reçues
Que cet homme que je méprise
Qui se pend aujourd'hui à ton cou
A, sur le bonheur, de l'emprise, du talent
Et pour finir j'avoue
Qu'il vaut cent fois ma conscience, mon désespoir et mes regrets
Qu'il a mille fois ma patience
Moi qui savais que tu partirais

J'ai toujours su que j'allais te perdre
Moi qui ne supporte pas le bonheur
Moi qui ai toujours tout gâché
Moi qui savais que tu partirais
Que tu partirais

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07 mars 2008

« Celui qui veut continuellement "s'élever" doit s'attendre à avoir un jour le vertige. Qu'est-ce que le vertige? La peur de tomber? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère muni d'un garde-fou? Le vertige, c'est autre chose que la peur de tomber. C'est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. »
-Milan Kundera, extrait de L'insoutenable légerté de l'être

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23 février 2008

« Si l'école ça rendait les hommes libres et égaux, l'gouvernement décid'rait qu'c'est pas bon pour les marmots! »
-Renaud, C'est quand qu'on va où?

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16 février 2008

Un peu de soleil - Monsieur Mono

Je prends juste un peu du ciel
Je vole un peu de soleil
Autour de moi tout est si beau
Mais la lumière ne m'atteint pas

Et je ne fais qu'avancer
En direction de nulle part
J'ai beau vouloir m'envoler
La pesanteur m'a cloué en moi

La peine qui m'a avalé
Ne va jamais me quitter
Comme toi

Je prends juste un peu du ciel
Mais j'en garde pour une autre fois
Mes yeux cherchent une femme inconnue
Qui ne peut être que toi

On peut être fort toute sa vie
Sauf au moment où ça compte
Comme moi

Personne ne m'a jamais mis
Dans un état aussi bas
Que toi

Je prends juste un peu du ciel
Pendant qu'il descend sur moi
Mon coeur est vide mon corps est froid
Ma tête est remplie de toi

La tristesse est une ville
D'où on ne peut s'évader
Comme ça

Mais même les plus grandes cités
Ont fini par s'effacer
Autrefois



[Est-ce parce que je suis triste que j'écoute cette chanson ou parce que j'écoute cette chanson que je suis triste?]

[Un extrait de la chanson ici. Avec des extraits de mes deux autres chansons préférées de l'album : L'amour fait mal, en duo avec Mara Tremblay, et La dernière chanson]

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15 février 2008

Le relire

Sur les conseils d'une amie, je suis en train de lire Quelques adieux de Marie Laberge. Ça faisait longtemps qu'une lecture ne m'avait pas captivée comme ça.

Mais chaque fois que je prends le livre, je relis le poème placé en préface du roman. Parce que je le trouve superbe. Je le transcris ici.

Ce soir quelque chose dans l'air a passé
qui fait pencher la tête;
on voudrait prier pour les prisonniers
dont la vie s'arrête.
Et on pense à la vie arrêtée...

À la vie qui ne bouge plus vers la mort
et d'où l'avenir est absent;
où il faut être inutilement fort
et triste, inutilement.

Où tous les jours piétinent sur place
où toutes les nuits tombent dans l'abîme,
et où la conscience de l'enfance intime
à ce point s'efface,

qu'on a le coeur trop vieux pour penser un enfant.
Ce n'est pas tant que la vie soit hostile;
mais on lui ment,
enfermé dans le bloc d'un sort immobile.

-Rainer Maria Rilke

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30 janvier 2008

« et tu ne dis plus rien
le confort de l'étreinte
une prière sur tes lèvres
qui s'élève le matin »

« tu dormirais toujours pour
pour toujours l'éviter »

-Repentigny, Carl-Éric Hudon

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