25 mars 2007
Plus ça change...
Hier soir, c'était la soirée de retrouvailles à mon ancienne polyvalente. Déjà, cinq ans se sont écoulés depuis la fin du secondaire. Depuis un mois, la date de cette rencontre était fixée et j'avais très hâte d'y être. Puis finalement, ben, j'ai été très déçue de ma soirée.
En fait, je ne sais pas trop à quoi je m'attendais. Bien sûr, certains amis que je n'avais pas vus depuis longtemps étaient là et j'ai pu discuter un peu avec eux. Mais autant il a été facile d'engager les conversations, autant j'ai eu l'impression qu'elles étaient futiles. Les seules personnes avec qui j'ai pu rigoler étaient celles que je vois régulièrement, à l'université ou ailleurs. Mes véritables amis actuels. Donc, pour quelques exceptions, j'ai constaté le temps à rattraper et je me suis dit que, dès que mon horaire se libère, je m'organise pour qu'on se voie et qu'on prenne vraiment le temps de discuter. Parce que l'agora de la polyvalente, avec tout ce monde et les speakers de la radio qui sonnent la canne (ça, je ne l'avais jamais remarqué du temps que j'étais là... tout un choc!) et qui nous lancent de la musique beaucoup trop forte, ce ne sont pas des conditions gagnantes à une réelle conversation.
Évidemment, j'ai aussi vu des personnes qui ne me manquaient pas du tout. Des gens que j'aurais pu éviter. Je me suis organisée pour les éviter, et ils me l'ont bien rendu. Même si, avant cette soirée, je me disais que j'avais hâte de voir ce qu'ils étaient devenus, en leur souhaitant presque d'être des déchets humains (je sais, c'est méchant), je me suis rendu compte que cette attitude n'était pas saine. J'éprouvais presque la même sensation de haine que j'avais lorsque je fréquentais cette école. J'ai toujours été fière de ce que j'étais, de ce que je devenais mais, à l'époque, je ne cessais de me comparer à eux, à elles, à ces « camarades » de classe que je détestais amèrement. Je voulais être mieux qu'elles. Je voulais me démarquer d'elles, par mon intelligence, par ma réussite, par mon refus de me conformer à une mode, à cette mode. La seule chose qu'elles avaient et que je n'avais pas était la réussite sociale au sein de l'école.
Aujourd'hui, je sais que j'ai changé. Bien sûr, à l'université, cet aspect de « gang » n'est plus vraiment présent, mais je suis contente d'avoir un réseau social très vaste, de connaître et surtout de discuter à plusieurs personnes. Chose que je n'aurais jamais pu faire au secondaire. Et hier, j'arrivais à cette rencontre avec encore quelque chose à prouver. Je voulais leur prouver que je réussissais, et j'espérais que ce ne serait pas leur cas. Mais j'avais oublié un détail important : ils seraient encore avec leur « gang », et moi je serais seule. Bien sûr, j'ai entendu des commentaires de parts et d'autres de tout le monde qui me confirmait que leur groupe était fort, mais très critiqué par l'ensemble.
J'ai eu beau voir tout ça, savoir tout ça, je me suis sentie pareille à mes seize ans, un vilain petit canard au sein d'un groupe qui ne me désirait pas. Si je suis convaincue d'être quelqu'un de bien, de très bien, je n'ai pu m'empêcher de me comparer à eux, à leur aisance. En ce moment, ce qui me ferait le plus grand bien, c'est de vivre un mercredi de début de session, c'est-à-dire : radio, cours, réunion, biblio. Juste parce que je passais douze heures en ligne à l'université et que, sur le chemin du retour, j'étais épuisée, mais heureuse. Parce que c'est ça ma vie présentement, et que le passé n'a pas d'importance. Qu'il n'est pas garant de l'avenir. Que j'avance, que je réussis et que je suis heureuse.
Je suis heureuse.
24 décembre 2006
Bonjour cynisme!
Les fêtes, j'trouve toujours ça plate. Je suis triste qu'on n'ait pas vraiment de tradition, dans ma famille. J'pensais à ça, tantôt : avant, jusqu'à ma troisième secondaire environ, je chantais dans la chorale de l'église pour la messe de 19hrs (ben oui, j'faisais ça, moi, pis j'aimais ça en plus). Souvent, mes grands-parents venaient assister à la messe avec mes parents et mon petit frère. De retour à la maison, on grignotait un peu et je réussissais toujours à convaincre mes parents d'avoir un cadeau, un seul, avant d'aller me coucher. Je m'amusais à préparer la mise en scène de biscuits et de lait pour mon petit frère. Le lendemain matin, on ouvrait les cadeaux.
Maintenant, on ne va plus à la messe (pas que je m'en plaigne vraiment, mais ça faisait quelque chose à faire). Mon frère harcèle mes parents à partir du premier décembre pour ouvrir les cadeaux. Je me demande si on va toffer très longtemps ce soir. J'ai essayé de partir un jeu de société tantôt ; après une partie, on a arrêté parce que ma mère trouvait ça plate.
Le chialage durant le temps des fêtes est une chose très commune chez nous. J'avais réussi à ne pas me faire contaminer, à apprécier le temps avec ma parenté malgré les faces de carême (ah ben, ils se trompent de moment de l'année, eux) de mes parents. Mais depuis deux ans, je suis devenue aussi cynique qu'eux. Et ça me fait peur.
En ce moment, j'ai quasiment envie d'aller continuer mon contrat de correction de travaux...
Y'a des jours où j'aimerais bien passer les fêtes dans une autre famille.
12 novembre 2006
Le canal famille - L'écran magique
Oh wow! Mon amie Émilie vient de m'envoyer un gros bol de nostalgie. En écouteuse compulsive de télévision que je suis, je me suis remémoré un tas de beaux souvenirs.`
>ICI<
Coup de coeur pour Mordicus!! (Qu'on entrevoit dans le deuxième vidéo.)
J'ajoute le générique des aventures de Winnie l'ourson racontées par Jean Rochefort, dont j'ai des souvenirs très précis, mais dont personne à part moi ne semble se souvenir. J'aimais tellement cette émission.
09 octobre 2006
Presque huit mille matins...
Ouah. Je viens d'écouter Dix mille matins de Daniel Boucher. En faisant la vaisselle. Et pis paf! ça m'a frappée en plein coeur. Cet album-là, je l'ai déjà dit, a été la trame sonore de mon adolescence. Je l'écoutais, et toutes les images me sont revenues d'un coup :
- Ça : La première fois que je l'ai rencontré. Toute la gêne que j'avais ressentie à ce moment-là, d'enfin le voir en personne. Mais aussi la mission que mon amie et moi nous étions nous même données : faire signer le billet de notre autre amie, absente du show parce qu'elle était dans un centre de désintox. Je me souviens qu'il avait réfléchit longtemps, après qu'on lui ai parlé un peu d'elle, avant d'inscrire « Choisir à chaque seconde » sur le billet. Il n'aurait pas pu choisir une meilleure chanson. Ça a beaucoup aidé mon amie.
- Aidez-moi : Le clip qu'on avait tout scénarisé, cette même amie et moi, mais qu'on n'a jamais tourné. Il était complet dans nos têtes : en noir et blanc, dans la neige de la fin du mois de novembre. Un personnage qui marche. C'est pas grave qu'on ne l'ait pas fait dans le fond, on a eu beaucoup de plaisir à l'imaginer.
- Ma croûte : Une chanson que je n'aimais pas pentoute... jusqu'à ce que je la voie en spectacle. Parce que c'était LA toune du show. Elle durait facilement vingt minutes ; c'était à ce moment-là qu'il faisait du body-surfing (même dans des salles assises - c'était fou à la Maison de la Culture!). Et il y rajoutait des paroles : « Croire en ses chances d'atteindre ses objectifs. Persévérer! Persévérer! » Je me souviens que j'avais les paroles de la chanson dans mon casier en cinquième secondaire : « C'est d'la faute des autres / C'est d'la faute de toutte [...] » Ma phase rebelle, haha.
- Le poète des temps gris : Ma chanson préférée, celle que j'ai chantée si fort à de nombreuses reprises. Celle qui m'a fait hurler -et presque même pleurer- quand je l'entendais en spectacle. Je reste convaincue que je n'aurais pas été la même si je n'avais jamais entendu cette chanson-là. Elle m'a fait un bien immense. Juste d'entendre ses premières notes me donne encore des frissons.
Pas pour rien qu'avant, le surnom que j'utilisais sur le web était La-Désiseuse (fait cocasse : je n'ai jamais aimé cette chanson [Ma gang de malades], je la "skippais" sur le disque).
09 juin 2006
Dormir chez Mémé
Pour la première fois depuis une éternité, je suis allé rendre visite à mes grands-parents. Avant, j'allais chez eux au moins une fois par semaine. Pas à cause d'une "visite forcée" du dimanche soir ou quelque chose du genre, non non. J'y allais de mon propre gré, souvent par mes propres moyens. J'y passais souvent la nuit même. Cette maison, c'est ma deuxième maison. Lorsqu'elles étaient plus jeunes, mes cousines s'étonnaient de passer un samedi après-midi et de ne pas m'y trouver. Elles croyaient que j'habitais là.
Au début, je dormais dans la "chambre des invités", juste à côté de celle de mes grands-parents. Lorsque j'ai vaincu ma peur de rester seule au sous-sol toute la nuit, j'ai migré vers cette chambre qui a été celle de mon parrain jusqu'à ce que j'ai trois ou quatre ans environ. C'est cette chambre que mes cousines appelaient "la chambre de Catherine" (ou "Cakrine", selon leur capacité d'élocution).
De mes séjours là-bas, je me souviens de la piscine ; j'ai été la seule de leurs petits enfants qui en a vraiment profité, les autres étaient trop jeunes. Je me rappelle aussi de ces soirées passées dans la cuisine à jouer au Skip-bo ou au Uno avec ma grand-mère, alors que mon grand-père écoutait le hockey. Et de l'odeur du pop-corn qui emplissait la pièce à ces moments là.

(Avec papa) (Avec tante Joe-Ann)
Mais voilà, j'suis rendue vieille, j'ai passé l'âge d'aller dormir chez Mémé et Pépé. C'est plate que ce soit un peu le fait que mon grand-père soit malade qui m'a un peu poussée à aller faire mon tour, aujourd'hui. J'ai eu peur cette semaine quand ma tante a dit qu'il doit aller passer d'autres tests, que ça pourrait être le cancer. Tout le monde a le cancer, de nos jours. Mais pas mon grand-père, je ne veux pas.
On m'a dit que ma grand-mère radote. Je ne les crois pas. C'est certain qu'à près de quatre-vingts ans, on n'a plus la vivacité d'esprit de nos quinze ans, et que ça arrive de perdre un peu la mémoire. Les connections dans le cerveau se font moins bien et c'est normal. Oui, ma grand-mère m'a dit deux fois qu'elle est allé prendre sa marche ce matin même si on dirait qu'il allait mouiller, mais elle n'a pas apporté son parapluie et finalement elle a bien fait, parce qu'il n'a pas mouillé. Il y a de l'Alzheimer dans la famille, c'est normal que les gens s'inquiètent.
Mes grands-parents fouillent dans leurs vieilles photos. Ma grand-mère va aux archives. Elle nous répète continuellement d'écrire la date et le nom des gens derrière nos photos, que c'est pas facile pour les gens de trouver qui c'est après soixante-quinze ans. De ma vie, je ne les ai jamais entendu autant parler de leur passé. J'en apprends sur eux, sur leurs parents, sur ma maison (que mon arrière-grand-père a bâti et que mon grand-père a habité une partie de sa vie). Ça m'émeut chaque fois.
Avant de partir, mon grand-père m'a donné un cadre avec une photo de lui et ma grand-mère, à la porte de la maison que j'habite maintenant depuis seize ans. Je l'ai mise avec mon cadeau de fête, un point de croix encadré (la nouvelle passion de ma grand-mère).
26 février 2005
Vague de tristesse...
Je viens de regarder des photos du secondaire. Plus précisément, le cd-rom des finissants. Me voir au milieu des autres étudiants, ou plutôt ne pas me voir. Je ne me suis jamais lancée devant les "kodaks" ; ce n'est pas mon genre. Mais de revoir tout ça, tous ceux qui m'entouraient, qui m'ont entourée pendant cinq ans, surtout sur les quelques vidéos du cd-rom, je sais pas, ça m'a fait revivre plein de choses. Ça m'a fait réaliser que j'ai été beaucoup plus une spectatrice qu'une participante à la vie étudiante. Pourtant, j'étais toujours là, partout. Au théâtre surtout, mais aussi pour le comité du livre, technique de scène, je voyais tous les spectacles, de l'harmonie à Flashandance, j'étais de toute les sorties, j'étais dans l'équipe du 30 heures à vélo... Mais je n'étais nulle part en réalité. Personne ne me remarquait. Je n'ai pas laissé ma marque.
Ce qui m'a le plus déçue, c'est qu'en secondaire cinq, j'ai gagné un prix pour mon implication communautaire. Ce prix m'a été remis dans la plus grande des discrétion, devant quelques élèves choisis (la plupart, mes amis). Personne d'autre n'était au courant. J'avais tout de même une plaque à mon nom, devant l'administration. Et lorsque j'y suis allée dernièrement, j'ai remarqué l'absence de cette plaque. J'ai disparu complètement de la polyvalente.
J'ai tendance à m'attacher à des lieux bien longtemps après mon départ. Des camps de jour où j'ai travaillé, des écoles, des lieux de travail... J'y retourne en aillant l'impression que rien n'aura changé, qu'on sera heureux de m'accueillir, que la terre va s'arrêter de tourner parce que je suis de passage. Mais non. La terre ne s'arrête pas de tourner lorsque je passe quelque part. Pire : bien souvent je dérange. Les gens, des gens qui m'étaient chers, auxquels j'accordais une certaine importance, ces gens donc trouvent bien bizare que je sois là. On m'accueille, sourire en coin. Au fond, on doit penser que je suis folle.
J'ai l'affreuse manie d'accorder beaucoup d'importance à de simples connaissances. J'ai l'impression de bien connaître des gens dont j'ignore tout. Et je dirais que les rencontres que j'ai faites sur le net n'ont fait qu'amplifier la situation. Maintenant donc, c'est pire.
En regardant ces photos aussi, j'ai réalisé que je ne vois plus (ou presque plus) les personnes qui m'étaient si chères à cet époque. Et réellement ceux-ci. Ils n'étaient pas que des connaissances. Et je suis réellement triste de ne plus les voir.
Alors, je leur lance un appel. Je sais qu'ils ne fréquentent surement pas mon blog, mais j'essaie tout de même (et je me promets de communiquer avec eux dans la prochaine semaine).
Cinthia, les deux Gen, Mélanie,
IsaC, Josiane... Je m'ennuie!
05 janvier 2005
Mon premier meilleur ami
C'est moi.
C'est drôle, mais en regardant des photos de moi bébé naissant (disons entre zéro et un an), je me suis rendu compte que je ne reconnais absolument pas. Au fond, la seule chose qui me prouve que c'est bien moi, c'est le fait que cette photo se retrouve dans mon album. Et puis je me suis mise à penser : à cet âge, comment aurait-on pu imaginer la jeune femme que je suis en ce moment, perdue, mais dotée de potentiel. Non, tout ce qu'on pouvait imaginer à l'époque, c'est qu'un jour, je serais grande, et je partirais pour l'école de la vie, en autobus scolaire, avec mon sac à dos. Non, même pas. On se disait que je grandissais donc vite, et que j'étais donc mignonne quand je souriais.
Non, vraiment, je trouve que je ne ressemble pas.

