CaphARnaüM

Un désordre empli de vide, une illusion stagnante. Ici, moi, maintenant.

27 mai 2008

L'insomnie

Pourquoi j'arrive jamais à me coucher le soir? J'suis là à tourner en rond pendant une heure, deux heures, trois heures. Si au moins je faisais quelque chose d'utile ou d'intéressant. Même pas.

Ces jours-ci, j'essaie des trucs, je me suis mise à la conception de bijoux et de vêtements. C'est un intérêt qui me revient, périodiquement. Surtout l'été. Je prendrai des photos de ce que j'ai fait, peut-être. Au rythme où je vais, je pourrais pratiquement prendre des commandes...

Je ne sais pas de quoi va avoir l'air mon été. Aucune idée. Je devrais passer une semaine ou deux aux États-Unis avec une amie. Je devrais déménager à Montréal à la fin août. Je devrais travailler à la biblio jusqu'à la mi-juin. Je devrais terminer mes cours d'été avant juillet.

Je devrais lire des tas de livres, je devrais profiter du soleil, je devrais passer du temps avec mon copain avant qu'on ne déménage tous les deux (lui ira à Québec), je devrais ressortir mes appareils photos, je devrai étrainer mon nouveau polaroid, je devrais aller à la plage, je devrais faire du vélo.

Je devrais éviter d'être nostalgique des étés de camp, de ronger mes ongles, de manger tout le temps, de chialer, de me coucher à des heures impossibles...

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07 mai 2008

Des petites notes de lecture, parce qu'on ne peut pas garder un livre emprunté indéfiniment.

« La trahison. Depuis notre enfance, papa et le maitre d'école nous répètent que c'est la chose la plus abominable qui se puisse concevoir. Mais qu'est-ce que trahir? Trahir, c'est sortir du rang. Trahir, c'est sortir du rang et partir dans l'inconnu. Sabina ne connait rien de plus beau que de partir dans l'inconnu. » (p. 119)

« L'horreur est un choc, un instant de total aveuglement. L'horreur est dépourvue de toute trace de beauté. On ne voit que la lumière violente de l'événement inconnu qu'on attend. Au contraire, la tristesse suppose que l'on sait. » (p.383)

« Comme je l'ai déjà dit, les personnages ne naissent pas d'un corps maternel comme naissent les êtres vivants, mais d'une situation, d'une phrase, d'une métaphore qui contient en germe une possibilité humaine fondamentale dont l'auteur s'imagine qu'elle n'a pas encore été découverte ou qu'on n'en a pas encore rien dit d'essentiel.

Mais n'affirme-t-on pas qu'un auteur ne peut parler d'autre chose que de lui-même?
» (p.277-278)

-Kundera, L'insoutenable légerté de l'être (Gallimard, 1984)

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06 mai 2008

Freedom Writers

Je suis toute retournée. Je viens d'écouter Freedom Writers. J'ai pas arrêté de pleurer tout le long du film.

J'ai été touchée par l'expérience de vie qui s'est dégagée de cette expérience. J'arrêtais pas de me rappeler que c'était une histoire vraie, que ça s'était vraiment passé. J'étais de tout coeur avec cette jeune enseignante qui a décidé de choisir ses élèves, pas la matière ou le côté administratif. Qui leur a fait confiance et qui a répondu à leurs besoins, tout en leur enseignant. Qui s'est tenue debout devant tous ceux qui lui disaient d'abandonner.

Dans ses petites (et grandes) victoires "pédagogiques", dans ses sourires devant cette classe bondée, je me suis un peu reconnue. Il est certain que j'étais loin d'être dans le même genre de situation en stage, mais j'ai revu mes élèves entrer dans la classe lorsque j'avais tassé tous les pupitres et placé les chaises en cercle pour qu'on fasse des débats. J'ai revu la même flamme que j'avais vue dans les yeux de mes élèves lorsque je les avais laissés s'exprimer sans retenue, sans jugement. Et j'ai ressenti la même fierté de lire leur travail, un autre jour, quelque chose qui ne comptait pas, mais qu'ils ont fait avec intérêt et sérieux.

J'ai aussi reconnu la multiethnicité de l'école où j'ai fait mon stage. J'avais l'impression de revoir certains de mes élèves. Je m'en veux un peu de les avoir quittés sans leur dire tout à fait au revoir. J'peux être nulle parfois.

Bref, j'avoue, j'ai été touchée par ce film parce que j'ai fait un énorme transfert avec ma future profession. Mais ce film doit être vu. Il fait réfléchir. Il devrait être vu par tous les pédagogues, du moins. Le travail de cette enseignante, c'est ce à quoi j'aspire. J'y crois. Et je me rends compte que je devrai probablement, comme elle, affronter des folles et des fous, et des blasés, et des cyniques. Mais j'ai la tête dure. Je sais que je vais y arriver.

Posté par cath à 02:21 - Coups de coeur - Commentaires [1] - Permalien [#]

27 avril 2008

Autre temps, autre moeurs?

Voici un joli montage de publicités démodées... dans plusieurs sens. Une mention spéciale à celle de Tipalet.
Ici, chez Cali Rezo

(En passant, j'ai oublié de vous le dire, mais le stage est fini, le rapport l'est presque, l'été s'en vient. La vie est belle.)

Posté par cath à 10:23 - N'importe quoi - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 avril 2008

Recrinquée

(J'suis tellement crinquée que je me permets de bloguer en stage, en pleine salle de profs! [C'est surtout un copié-collé de mon quatrième incident critique...])

Si les derniers jours ont été un peu démotivants, la période que je viens de vivre vient de me donner l’élan dont j’avais besoin pour terminer le stage en beauté. Depuis les premiers jours de planification de cours, je gardais une activité que j’avais hâte de faire : une analyse médiatique sur la propagande (merci à Stéphanie pour la suggestion). L’activité était déjà toute faite, puisque prise dans un cahier d’activités, mais je voulais prendre le temps de bien la contextualiser et la documenter avec plusieurs sources. J’ai donc repoussé cette leçon le plus possible. Maintenant les obligations complétées (révision, examens et tests), j’ai pu la commencer.

Je ne sais pas si c’est en raison de mon grand enthousiasme par rapport à la leçon ou simplement le thème abordé, mais ce fut un succès. Malgré le fait que je ne me suis pas rendue à l’endroit où je voulais (même loin de là), la période a été si productive en réflexion que ça ne me cause aucun problème. Au contraire, ça m’a donné des idées pour allonger ma leçon. Ce qui devait durer deux périodes en durera probablement quatre.

En les guidant peu, les élèves sont arrivés aux réflexions que je souhaitais, ils ont soulevé par eux-mêmes les questionnements que je voulais susciter chez eux. J’ai été impressionnée par les réflexions de certains élèves. Ils ont abordé des sujets que je n’avais pas prévus, mais qui entraient parfaitement dans le cadre de la discussion. Je suis contente d’avoir su suivre le fil de la discussion. Par hasard, nous nous sommes retrouvés dans une discussion sur les trois réseaux télévisuels francophones québécois (TVA, TQS et Radio-Canada), alors que j’ai déjà fait une leçon à ce sujet dans le cadre d’un cours universitaire. J’étais donc très à l’aise avec le sujet.

De plus, à la fin de la période, je me suis installée pour prendre en note ce que j’avais noté au tableau pour pouvoir y revenir au prochain cours (étant donné que le cours risque de ne pas prendre la même direction dans tous les groupes). Une élève, me voyant faire, me tend une feuille : elle avait tout noté durant le cours. J’ai été agréablement surprise, d’abord parce que je n’avais pas demandé à ce que ce soit pris en note, et ensuite parce que je croyais que cette élève avait été inattentive durant la leçon. Je lui ai donc emprunté sa feuille pour la photocopier en la remerciant.

C’est ce genre de période que je veux vivre avec les élèves. C’est ce qui m’intéresse dans l’enseignement. Je veux les faire réagir, je veux les animer. Je veux qu’ils se nourrissent entre eux de leurs conceptions du monde. Mon rôle n’est que d’aborder le sujet et le relancer s’ils en éprouvent le besoin. Ce matin, en classe, ils n’avaient pas besoin de moi pour aborder différentes problématiques. Ils disaient les choses auxquelles je pensais avant moi, et c’est ça qui est génial : je n’ai à peu près rien dit.

J’ai aussi constaté l’importance de la planification. J’ai réfléchi pendant plusieurs jours à l’angle que je voulais donner à cette activité et j’ai cherché de nombreux exemples, quitte à en avoir trop, à montrer aux élèves. À cause de ça, j’ai su bien répondre aux questions des élèves. J’étais prête et disponible.

J’ai très hâte de refaire la leçon dans un autre groupe cet après-midi et j’espère que ce sera aussi profitable que ce matin. Mais j’ai confiance.

Posté par cath à 11:33 - cath l'universitaire - Commentaires [3] - Permalien [#]

08 avril 2008

L'infini-tif

Écrire ici, parce que des planif, c'est plate. Parce qu'on a décidé d'accepter de faire des mises à jour sur notre traitement de texte et que maintenant, on attend.

Penser à autre chose qu'au stage, se sentir loin, parce qu'on l'est déjà. Oublier le fait qu'on est très en retard dans nos affaires et que ça signifie qu'on va peut-être se planter en stage demain.

Écouter de la musique donnée par un ami parce que ça nous fait penser à lui, parce que ça nous fait décoller. La fredonner parce qu'on commence déjà à la connaitre par coeur. Parce qu'on voudrait la connaitre encore mieux.

Se dire que le temps passe très vite et que le supplice sera bientôt terminé. Que l'attente n'aura pas été vaine.

Sourire parce que c'est presque l'été et qu'on pense aux ballades qu'on fera. Rêver à la musique qu'on écoutera, aux pas qui nous guideront, aux bras qui s'ouvriront.

Posté par cath à 22:50 - cath l'automate - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 avril 2008

Expliquer

« Expliquer quelque chose à quelqu'un, c'est d'abord lui démontrer qu'il ne peut pas le comprendre par lui même. »
« Le petit expliqué, lui, investira son intelligence dans ce travail du deuil : comprendre, c'est-à-dire comprendre qu'il ne comprend pas si on ne lui explique pas. »
-Jacques Rancières, 1987 (Le maître ignorant)

J'ai été confrontée à une situation semblable en stage... C'est triste de penser qu'on a réussi à convaincre des adolescents qu'ils ne peuvent pas apprendre si on ne leur enseigne pas de manière traditionnelle. J'espère qu'en deux semaines, j'arriverai à au moins commencer à déconstruire cette conception.

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02 avril 2008

Je ne sais pas si c'est le vent ou les jours qui me font pleurer.

Posté par cath à 15:29 - États d'âme - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 mars 2008

J'me sens un peu moisi moi 'ssi...

(Fred Fortin)

T'es apparu comme un ovni
Tu m'dis : « J'ai besoin d'un ami »
Dis-toi qu't'as pas trop mal choisi
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

J'me d'mande plus d'quel côté qu'je suis
T'es ma richesse, ma belle amie
Même si tes fesses ont ben grossis
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

Faut qu'j'te dise quelque chose d'important
Faut qu'j'te dise qu'j't'aime vraiment
Faut qu'j'te dise que ma tête s'oublie souvent
Pis que ton cœur reste là tout l'temps
Y'est pas parti pour autant

C'est vrai qu'des fois tu m'tombes su'es nerfs
Avec ton osti d'caractère
Mais entre tes histoires pis mes menteries
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

C'est vrai qu'à soir j'te trouve sexy
Devine de quoi j'aurais envie
Sais-ti?
C'est pas grave si tu sens l'pipi
J'me sens un peu moisi moi 'ssi

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21 mars 2008

La lune était belle.
Ronde.
Froide.
Brillante.

Et j'ai marché.

Posté par cath à 04:12 - cath l'automate - Commentaires [0] - Permalien [#]



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